Dries Vanthoor, le petit frère devenu grand

Audi Magazine

Il n’était au départ que le petit frère. Dans la foulée de Laurens, Dries Vanthoor a débarqué en 2016 dans le monde du GT. Comme son aîné, c’est via l’équipe WRT et au volant d’une Audi R8 LMS GT3 qu’il espérait se faire remarquer après un parcours en monoplace réduit. Malgré des débuts encourageants en Formule Renault, sous les couleurs de l’équipe nationale belge (le RACB National Team), Dries a en effet choisi d’abandonner très tôt ses rêves de Formule 1 pour se tourner vers d’autres opportunités. Bien lui en a pris ! Depuis, le Limbourgeois de 23 ans est pilote officiel Audi Sport Customer Racing et il n’a jamais cessé d’ajouter des trophées à son palmarès.

Dries Vanthoor, le petit frère devenu grand
En cinq saisons

En cinq saisons, de 2016 à 2020, la moisson a été incroyablement prolifique. Le natif de Zolder a gagné les 24 Heures du Nürburgring, les 12 Heures de Bathurst, les 10 Heures de Suzuka, les 24 Heures de Zolder, les 12 Heures du Golf et même sa catégorie aux 24 Heures du Mans. Ajoutez à cela une multitude de podiums (24H de Dubaï, 24H de Daytona, etc.) et une première couronne dans un championnat majeur l’an dernier. Champion de la Sprint Cup du GT World Challenge Europe en 2020 avec son jeune équipier belge Charles Weerts, Dries a pris une nouvelle dimension.

« Ce titre en 2020, ce fut avant tout un soulagement »

« Ce titre en 2020, ce fut avant tout un soulagement », avoue Dries, confortablement installé dans le mobilhome de l’équipe WRT. « J’étais passé tellement proche à deux reprises. En 2017, surtout. Avec Marcel Fässler, nous étions virtuellement champions lors de la toute dernière course avant de recevoir une pénalité suite à une mini erreur d’un mécano lors du pit stop. Alors, remporter le championnat l’an dernier après l’avoir mené de bout en bout, c’était à la fois une grande joie et un soulagement. »

Pourtant, on l’a vu, le palmarès de Dries est plutôt enviable. « C’est vrai, mais jusqu’à présent je n’avais gagné que des grandes courses », précise-t-il. « Un championnat, c’est différent. Ça récompense toute une saison, c’est une manière de dire que tu as été bon d’un bout à l’autre. »

Il n’empêche que, parmi d’autres objectifs à atteindre prochainement

Il n’empêche que, parmi d’autres objectifs à atteindre prochainement, une ligne importante manque encore au palmarès de Dries : les Total 24 Heures de Spa. « Alors que nous avons souvent été en position de revendiquer la victoire, cette course n’a pas été tendre avec moi », raconte Dries. « J’y ai presque toujours rencontré des problèmes, dont l’an dernier lorsque le moteur a lâché alors que nous étions aux avant-postes. Mais ce double tour d’horloge est l’un de mes grands objectifs dans un futur proche. Non seulement c’est la plus grande course de GT au monde, mais en plus elle a une saveur particulière pour tout pilote belge. Cela apporte encore un supplément de motivation. »

La moisson de trophées de Dries est évidemment loin d’être terminée avec une saison 2021 s’annonçant plus que chargée. Entre le GT World Challenge Europe, l’Intercontinental GT Challenge, le championnat allemand ADAC GT Masters, les 24 Heures du Nürburgring et l’une ou l’autre course supplémentaire, son programme compte entre 20 et 25 rendez-vous.

Dans l’aspiration de Laurens

Dans l’aspiration de Laurens

En sport automobile, le phénomène de l’aspiration permet, lorsque l’on se place derrière une voiture qui précède, de gagner quelques précieux km/h en profitant du trou d’air créé par l’adversaire. Dans le cas de Dries, ce phénomène peut être utilisé de façon imagée lorsqu’on lui parle de sa relation avec son frère. « J’ai toujours suivi Laurens », s’amuse le cadet de la famille Vanthoor. « Au départ, notre père faisait de la course en tant que pilote amateur. Puis Laurens, qui a 7 ans de plus que moi, a commencé le karting, puis la compétition en monoplace et en GT. Et moi, j’ai suivi. Laurens a toujours été mon modèle : depuis que je suis tout petit, je veux faire comme lui. J’étais encore en karting quand il était le leader naturel des pilotes Audi, en particulier chez WRT. Je le regardais et je rêvais d’être comme lui. Aujourd’hui, je pense qu’on peut dire que c’est le cas. Et comme Laurens était un peu mon mentor, aujourd’hui j’assume un peu ce rôle vis-à-vis de mon équipier, Charles Weerts. »

Laurens

Si Laurens est parti vers d’autres cieux pour relever d’autres défis (il est aujourd’hui pilote officiel Porsche Motorsport), l’émulation entre les deux frères est toujours bien là. « Comme nous voulons tous les deux être plus fort que l’autre, nous nous motivons l’un l’autre », sourit Dries. « Surtout que Laurens, qui a habité pendant plusieurs années en Allemagne, est revenu vivre dans le Limbourg. Ça nous permet de nous voir plus souvent et même de partager nos entraînements physiques. On s’affronte parfois sur nos simulateurs aussi. C’est amusant ! »

Les deux frères ont donc en commun d’avoir pu développer leur talent au sein de l’équipe belge WRT. Et ce n’est pas un hasard. « C’est une équipe dans laquelle on se sent bien », insiste le pilote officiel Audi Sport Customer Racing. « Il est très difficile de trouver une structure à la fois aussi professionnelle, aussi bien organisée et aussi familiale. Vincent Vosse, le Team Principal, est un peu mon deuxième père. Et je sais que c’est vrai aussi pour Laurens. La manière dont il nous a aidés à grandir, avec toute l’équipe, est aussi l’une des raisons de notre succès. »

Perspectives d’avenir

Perspectives d’avenir

Grandir. Continuer à progresser, sans cesse. Ne jamais rien lâcher. Tel est le quotidien d’un pilote de course professionnel. Pour ça aussi, Dries essaie de s’inspirer de Laurens, reconnu dans le milieu pour être un « bosseur ».

« De l’extérieur, certains ont peut-être l’impression que je suis plus cool, voire que je ne suis pas assez impliqué », explique Dries, qui se prête au jeu des confidences. « Mais ce n’est pas vrai ! J’essaie effectivement de rester relax et de donner cette image, car être stressé n’aide pas. Mais je veux toujours m’améliorer ! Je sais que, pour être un pilote complet, je dois continuer à progresser sur de nombreux points. Il y a le pilotage, bien sûr, mais aussi les relations avec l’extérieur, comme la presse par exemple. Quand les choses n’allaient pas bien dans le passé, je me suis parfois renfermé et ce n’est pas ce que l’on attend de moi. De même, je sais que je peux aussi mieux soigner la relation avec les membres de mon équipe. Ce n’est pas naturel pour moi, car je suis quelqu’un de plutôt discret et timide, mais je m’améliore. »

sa vie privée

À l’image de sa vie privée, où le Limbourgeois a acheté il y a peu une maison à Hasselt avec sa compagne Eline, Dries prend de plus en plus son autonomie. Et, comme la plupart des pilotes Audi, il a un rêve de plus en plus clair face à lui. « Nous savons tous qu’en 2023 Audi reviendra aux 24 Heures du Mans dans la catégorie reine », sourit-il. « La nouvelle réglementation pour le sommet de l’endurance est hyper attractive. Quand on voit tous les constructeurs attendus et quand on sait que de très nombreux prototypes devraient se battre pour la victoire, ça fait rêver. C’est aussi l’objectif du Team WRT, qui engage des prototypes en Championnat du Monde d’Endurance et en European Le Mans Series dès cette année. Tant WRT que moi avons encore beaucoup de choses à prouver. Mais aller au Mans avec eux et avec Audi, c’est clairement mon objectif pour 2023. J’espère avoir ma chance ! »

son frère

Sachant que son frère Laurens ambitionne lui aussi d’être au départ avec un prototype Porsche, qui sera d’ailleurs conçu en collaboration avec Audi Sport, Dries pourrait retrouver dans la Sarthe son frère aîné. Et si, cette fois, il prend son aspiration, ce sera avec l’objectif de le dépasser avant la ligne d’arrivée !

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