René Rast, le prince des anneaux

Audi Magazine

Remplaçant au pied levé Daniel Abt pour les six dernières courses de la saison 2020 de la FIA Formula E à Berlin, René Rast avait d’emblée prouvé qu’il méritait sa place dans le championnat de monoplaces 100% électriques. Sans surprise, Audi a donc fait de ce triple champion DTM l’équipier de Lucas di Grassi, le champion de FIA Formula E en 2017.

René Rast, le prince des anneaux
Championnat du Monde en Arabie Saoudite

Lors du lancement du Championnat du Monde en Arabie Saoudite, fin février, Rast fut terriblement impressionnant en signant le 3e temps des essais qualificatifs le vendredi avant de terminer quatrième, à un souffle du premier podium de la saison. Sans une intervention de la voiture de sécurité venant ruiner son mode attaque, ce père de famille de 34 ans aurait même pu gagner ! Le samedi, il était de nouveau entré dans les points... avant qu’une pénalité (pour ne pas avoir eu le temps d’activer son deuxième mode attaque) ne vienne le faire rétrograder dans la hiérarchie. Qu’importe : il ne fait aucun doute que l’Allemand figure déjà parmi les ténors de la Formula E. Une surprise ? Certainement pas !

René Rast, c’est celui que le paddock appelle parfois « le petit prince des anneaux ».

René Rast, c’est celui que le paddock appelle parfois « le petit prince des anneaux ». Depuis son arrivée dans le giron Audi, en 2011, le natif de Minden a gagné partout. En GT, tout d’abord, avec notamment deux succès aux 24H de Spa (2012 et 2014), un aux 24H du Nürburgring (2014) et un triomphe dans la catégorie GTD aux 24H de Daytona. Entre autres… De quoi l’amener à piloter une Audi R18 e-tron dans le cadre des 24 Heures du Mans 2015.

Promu en DTM après l’arrêt du programme Endurance en FIA WEC, René Rast avait réussi l’exploit de décrocher le titre dès sa toute première saison dans la discipline, en 2017. Vice-champion en 2018, il accrochait ensuite deux couronnes supplémentaires en 2019 et 2020. En quatre saisons seulement, il est devenu le pilote Audi le plus prolifique du célèbre championnat allemand pour voitures de tourisme avec pas moins de 24 victoires en 76 courses, 40 podiums et trois couronnes de champion. Impressionnant !

Venu de nulle part

Venu de nulle part

Le plus beau dans l’histoire de René Rast, c’est que l’homme est venu de nulle part, ou presque. Ayant dû ranger très tôt ses rêves de Formule 1 au placard, il ne doit son salut qu’aux différentes coupes de promotion organisées par les marques du Groupe Volkswagen. « Après le karting, j’ai tenté de faire de la monoplace mais j’ai rapidement été confronté au manque de budget », explique-t-il. « Pour poursuivre mon parcours en sport automobile, j’ai donc disputé la VW Polo Cup dans mon pays. Passer d’une monoplace à une VW Polo n’était pas un choix facile à faire. Mais… je n’avais justement pas le choix ! L’avantage de la Polo Cup était que tout le monde avait la même voiture et que cela coûtait beaucoup moins cher. »

À matériel égal, René Rast ne laisse pas passer sa chance.

À matériel égal, René Rast ne laisse pas passer sa chance. Champion dès sa première saison dans ces courses pour voitures de tourisme, il laisse éclater son talent et gravit rapidement tous les échelons. « Ce titre m’a permis ensuite de passer à la SEAT Leon Supercopa en Allemagne (vice-champion en 2006, NDLR) puis à la Porsche Carrera Cup. J’ai gagné la Cup allemande en 2008, puis j’ai remporté trois fois la Porsche Supercup internationale (en prologue des Grand Prix de F1, NDLR) en 2010, 2011 et 2012. Ça a clairement lancé ma carrière. »

Alors que Porsche tarde à lui faire confiance, les dirigeants d’Audi Sport ne veulent surtout pas laisser s’échapper un tel diamant. Ils ont vu juste ! Lors d’une de ses piges en Audi R8 LMS en parallèle de son implication en Porsche Supercup, René Rast remporte les 24 Heures de Spa 2012. Sa collaboration avec la marque est définitivement lancée ! De ses sept saisons dans des coupes monomarques, René a toutefois retenu un élément essentiel. « J’ai appris qu’il faut toujours exploiter au maximum le matériel dont vous disposez », explique-t-il. « Quand les autres ont la même voiture que toi, tu ne peux pas te chercher des excuses. J’ai donc appris à travailler sur moi-même avant de critiquer ma voiture. Quand ça ne fonctionne pas, il arrive très souvent que le problème soit entre le siège et le volant. »

Le soin du détail

Le soin du détail

Au cours de sa carrière, René Rast a notamment collaboré plusieurs fois avec le Belgian Audi Club Team WRT, l’équipe belge dirigée par Vincent Vosse, qui ne tarit pas d’éloges au sujet de l’Allemand. Et l’inverse est vrai aussi ! « J’ai roulé avec eux pour la première fois en 2013 », rappelle René. « Depuis, je me sens chez moi chaque fois que j’y retourne. J’aime leur professionnalisme, mais aussi l’ambiance très sympathique qui règne dans l’équipe. Ils sont toujours compétitifs et ce sont des gens charmants. J’apprécie particulièrement Vincent Vosse. C’est un ancien pilote et ça se sent, notamment dans la manière de nous parler. »

René Rast, c’est un mix entre le talent et une faculté à toujours se remettre en question. « Je ne sais pas ce que font les autres pilotes, mais je sais que je travaille dur », glisse le nouveau représentant d’Audi en Formula E. « Je pense que je travaille tous les jours, toutes les nuits même. Il y a la condition physique, le mental… Mais aussi tout le reste ! Dans un coin de ma tête, il y a toujours une partie de mon cerveau qui pense à la course. Je réfléchis aux réglages, à des trajectoires sur les circuits… J’analyse les data, je regarde des vidéos, je m’entraine sur le simulateur, je parle à mes ingénieurs, aux autres pilotes. Je veux toujours apprendre et pour cela j’essaie de réunir un maximum d’informations pour m’améliorer. Je ne veux laisser aucun détail de côté car je sais que ce sont les détails qui comptent. »

les 24 Heures du Mans

Comme René rêve encore d’accrocher les 24 Heures du Mans à son palmarès, le retour d’Audi dans la Sarthe avec un prototype LMDh à partir de 2023 tombe à point nommé. En attendant, l’Allemand espère faire briller les quatre anneaux pour la dernière année de la marque dans le Championnat du Monde FIA de Formula E. « Après avoir goûté au podium à Berlin lors de l’avant-dernier E-Prix de la saison 2019, je veux rééditer cette performance, mais aussi aller chercher une première victoire », déclare celui qui n’avait plus roulé dans une monoplace depuis 2004. Avant de retrouver la FIA Formula E pour troisième course de la saison, à Rome le 10 avril, René entend bien profiter un peu de sa compagne, Diana, et de leur fils, Liam. « Quand je passe du temps avec mes proches, je débranche plus ou moins mon cerveau », glisse celui qui vit désormais à Bregenz, en Autriche. « C’est à cet instant que je m’éloigne le plus du sport automobile. Il me faut un ou deux jours après un week-end de course pour récupérer, puis je suis prêt à repartir au combat. »

Ces articles vous intéresseront peut-être également