Charles Weerts : « Je rêve de gagner Spa et Le Mans »

Audi Magazine

Nom : Weerts. Prénom : Charles. Père : Yves, l’un des fondateurs et des dirigeants du Team WRT.

Charles Weerts : « Je rêve de gagner Spa et Le Mans »
Weerts & Pere

Il ne faut évidemment pas chercher plus loin l’amour que le rejeton a pour les voitures et la compétition. On dirait même que c’est écrit dans son ADN. « En effet, le sport automobile a toujours été une passion familiale », sourit Charles, qui a fêté ses 20 ans le 1er mars dernier. « J’avais 9 ans quand le Team WRT a été créé. Forcément, j’ai un peu vécu cela en accompagnant mon père et Vincent (Vosse, NDLR) sur les circuits. »

24H Spa

Les souvenirs remontent, avec notamment cette première victoire aux 24 Heures de Spa 2011. Le tout premier succès de la marque Audi sur la grande classique ardennaise. Des moments de joie intense, récompense d’un travail acharné de toute équipe entrée ce jour-là dans la cour des grands. « Je me souviens encore de l’euphorie dans les stands et des drapeaux Audi que l’on agitait à l’arrivée, quand la voiture a franchi la ligne puis qu’elle est revenue dans la pitlane », raconte l’Aubelois. Ces émotions ont marqué le jeune garçon de 10 ans. Rien d’illogique donc à le voir rêver de compétition et de victoires.

En étant le fils d’un patron d’équipe, on peut imaginer que les choses sont facilitées. Pas faux… mais ce n’est pas si simple ! « Quand on fait quelque chose dans la famille, on a l’habitude de bien le faire », sourit Charles. « J’ai fait mes débuts en karting alors que j’avais 11 ou 12 ans, soit plus tard que la plupart de mes petits camarades », explique-t-il. « Comme le but était de faire directement les choses sérieusement, j’ai d’emblée beaucoup roulé avec trois entrainements par semaine. Et j’ai tellement roulé que je me suis moi-même dégoûté. »

Charles Weerts

Nouveau départ

Le karting n’était-il donc qu’un caprice d’enfant ou une véritable passion ? « Une chose est sûre : mon père ne voulait surtout pas me forcer », poursuit Charles. « Pourtant, après quelques mois, c’est moi qui suis retourné vers lui. Le pilotage me manquait. Le déclic s’était fait à l’intérieur de moi et je savais que c’était ça que je voulais faire de ma vie. »

La motivation est bien là désormais et le jeune Charles progresse rapidement dans les pelotons internationaux de karting. Son manque d’expérience est d’abord un frein à ses performances, mais c’est dans l’adversité que l’on apprend le plus. Alors, Charles s’accroche. Avec un objectif en point de mire. « Mon père m’a dit un jour que si on pouvait ne plus payer pour rouler, ce serait déjà super », glisse-t-il. « Mais notre rêve était que je devienne un vrai professionnel, avec un contrat de pilote pour représenter un constructeur. »

Weerts Charles

Après deux saisons en monoplace, dans le championnat allemand de Formule 4, Charles et son entourage prennent une grande décision. « J’avais effectué une bonne deuxième année en terminant dans le top 5 du championnat et en gagnant une course », poursuit-il. « Nous avions des opportunités pour poursuivre en Formule 3. Mais j’avais déjà 18 ans et l’investissement était important. J’avoue aussi que je n’étais pas sûr de faire partie de ces gars qui ont un talent exceptionnel capable de les emmener en Formule 1. Je sais que je me débrouille bien, mais j’avais l’impression que ces gars avaient quelque chose en plus que je n’avais pas. C’est pour ça que nous nous sommes recentrés sur l’objectif : devenir pilote professionnel. Et on sait tous qu’il y a dans le sport auto autre chose que la Formule 1. »

Records

Records de précocité

Au sein de l’équipe WRT, le parcours des frères Laurens et Dries Vanthoor est une source d’inspiration. À quelques années d’intervalle, les deux Limbourgeois sont arrivés de la monoplace pour rapidement se faire un nom en GT et ainsi être recrutés par Audi. Charles savait alors la mission qui l’attendait. « Une année pour apprendre, une année pour gagner. » Entre la théorie et la pratique, il y a toutefois un pas. « La première séance d’essais que nous avons faite, j’ai pris une grosse claque », s’amuse-t-il aujourd’hui. « Dries me collait huit dixièmes par tour. Un gouffre à ce niveau ! »

junior rijder

Une fois encore, le gaillard mord sur sa chique. Il analyse tout, se remet en question, ne laisse rien au hasard... La progression est impressionnante. À Misano, où il fait équipe avec Dries Vanthoor, il devient en juin 2019 le plus jeune poleman et le plus jeune vainqueur d’une course du GT World Challenge Europe. Lauréat du deuxième sprint, le Belge n’a alors que 18 ans et vole ces deux records de précocité à… Dries Vanthoor. L’année suivante, il fait encore plus fort avec le titre dans la Sprint Cup du GT World Chalenge Europe, de nouveau avec Dries. Charles n’a même pas 20 ans et c’est un nouveau record qu’il inscrit à son palmarès. Intégré au contingent des pilotes officiels Audi pour la finale de l’Intercontinental GT Challenge à Kyalami, il prouve en Afrique du Sud qu’il mérite sa place parmi l’élite. « Audi m’a alors proposé un contrat de pilote junior pour 2021. Me voilà donc payé pour piloter ! Inutile de vous dire à quel point c’est un rêve qui se réalise. »

Charles Weerts

Un diplôme, Spa et Le Mans

Pilote officiel à 20 ans, ce n’est pas rien. Ne croyez pas que cela pourrait monter à la tête de Charles Weerts ! Le garçon est bien trop intelligent pour ça. Toujours le premier à aider les mécanos, qui avouent être prêts à se plier en quatre pour lui, Charles a toujours voulu prouver qu’il méritait sa place. « Dans l’équipe, je suis pilote et je ne veux surtout pas être le fils du patron ! », clame-t-il. « Je n’ai pas une âme de mécano et parfois nos gars me charrient un peu. Les regarder travailler me permet toutefois de mieux comprendre certaines choses et je sais que je dois progresser sur ce plan. »

24H Spa 2020

En parallèle d’une saison comprenant une vingtaine de courses, il y a aussi ces études commerciales (il est en deuxième année à la HEC de Liège) qu’il veut mener à bout. « D’ailleurs, je vais devoir vous laisser, j’ai un devoir de néerlandais à terminer », s’excuse-t-il. Mais avant de quitter le motorhome qui lui sert de logement sur les week-ends de course, impossible de ne pas évoquer l’avenir et notamment le retour d’Audi aux 24 Heures du Mans à partir de 2023. « Évidemment que j’y pense », avoue le jeune homme en souriant. « Avec les 24H de Spa, Le Mans est bien sûr la course que je rêve de gagner. Mais si je veux avoir ma place sur un prototype Audi capable de viser la victoire, j’ai encore beaucoup de travail et beaucoup de choses à prouver. »

La tête dans les étoiles et les pieds bien sur terre, le petit Charles a bien grandi. Comme le fait depuis plus de 10 ans l’équipe co-dirigée par son père et Vincent Vosse, Charles n’a pas fini de faire briller les quatre anneaux sur les circuits. Logique, c’est écrit dans son ADN.

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