L’expert prend la parole
"L'électromobilité devient la norme"

La question n’est pas de savoir si la mobilité sera électrique à l’avenir, mais quand elle le sera. Le point de basculement est plus proche que prévu : d’ici un à trois ans, la tendance sera irréversible et le monde optera pour les voitures électriques. Le bureau de recherche belge indépendant Climact apporte un complément d’explication à ce propos.

"En fait, le choix de l'électricité comme système de propulsion s'impose. Si nous voulons atteindre les objectifs climatiques - une réduction de 80 à 90 % des émissions de CO2 d'ici 2050 (par rapport à 1990), nous n'avons pas d'autre choix", clame haut et fort Dimitri Mertens, cofondateur et partenaire de Climact. Il étaye son propos avec une comparaison entre les systèmes d'entraînement des voitures. "Une telle comparaison doit toujours être faite du puits à la roue, de la phase de production d'énergie à l'utilisation de cette énergie dans le véhicule."

"Dans ce scénario, la façon dont l'électricité est produite est cruciale. Si nous voulons jouer la carte de la durabilité, cette production doit être réalisée autant que possible par des sources renouvelables (vent, soleil). En Belgique, les émissions de CO2 accompagnant la production d'électricité sont légèrement inférieures à la moyenne. Mais même chez le moins bon élève européen, la Pologne, qui produit encore beaucoup d'électricité à partir de centrales électriques au charbon - les émissions de CO2/ km des voitures électriques sont encore plus faibles que celles des voitures diesel."

Dimitri Mertens, Climact

Électrification maximale.

Une étude récente (octobre 2017) de la Vrije Universiteit Brussel confirme qu'une voiture électrique émet 65 % de CO2 de moins qu'un véhicule diesel sur l'ensemble de son cycle de vie (y compris la production). "Une électrification maximale des transports permettrait de réduire d'un seul coup les émissions nocives en Belgique de 15 %", conclut Climact. Cependant, une électrification accrue du parc automobile ne s'accompagne-t-elle pas d'une hausse de la demande en électricité ? Selon Dimitri Mertens, "notre étude Low Carbon 2050 montre qu'il est possible d'atteindre les objectifs d'électromobilité tout en produisant l'électricité supplémentaire nécessaire." Résultat des courses : d'ici 2050, nous pourrions effectivement réduire les émissions de 80 %.

En savoir plus sur le Climact

Le point de basculement est proche.

Nous sommes sur la bonne voie. Les modèles électriques trouvent leur public, le prix de revient des batteries a été réduit de moitié en seulement cinq ans, et l'autonomie des véhicules électriques s'est améliorée. La barre des 500 km d'autonomie est de plus en plus souvent atteinte. Selon Climact, trois conditions doivent être remplies pour arriver au point de basculement : "dans la phase initiale, des primes et des avantages fiscaux doivent permettre de réduire le prix de revient de la technologie électrique. Ensuite, il convient que l'infrastructure soit au rendez-vous : des bornes de chargement performantes doivent être présentes en nombre suffisant dans les villes et sur les autoroutes. Enfin, les constructeurs automobiles doivent mettre suffisamment de modèles électriques sur le marché et informer leurs clients des avantages."

Par ailleurs, le point de basculement dont il est question est d'ores et déjà proche. The Economist le prévoit pour la fin de l'année 2018, Climact est également convaincu que nous pouvons atteindre un tournant décisif pour la mobilité électrique entre 2018 et 2020 au plus tard.

Émissions de CO2 des systèmes de propulsion

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