« Le golf est un sport de gentlemen »

Audi Magazine

L’Audi Quattro Golf Cup est aujourd’hui un classique. Ses 11 Manches de qualification, disputées sur les plus beaux terrains de golf de Belgique - avec en prime une finale sur le parcours The National - ont livré un spectacle riche en suspense. Nous sommes allés à la rencontre de l’équipe gagnante, qui prendra bientôt part à la finale mondiale au lac de Schwarzsee à Kitzbühel en Autriche. Un duo particulier composé de golfeurs Pim (61) et Gaëtan (23) Van Baarle, père et fils. « Nerveux ? Pas du tout, nous venons pour gagner ! »

Le golf est un sport de gentlemen
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D’où vous vient cette passion pour le golf ?

Pim : « Le golf est une affaire de famille. Je suis tombé dedans il y a environ 20 ans. À cette époque, je faisais surtout de la planche à voile. Mais à cause d’une blessure au pied, j’ai dû temporairement arrêter. Je me suis retrouvé dans un club de golf près de ma ville natale Overslag (Wachtebeke) aux Pays-Bas et ma femme - et plus tard aussi les enfants - m'ont suivi. Ma femme a pris le virus du golf encore plus rapidement que moi. Elle devenue professionnelle par la suite et est aujourd’hui coach dans mon club à Beveren. Ma fille est également devenue professionnelle. Gaëtan et Joelle ont tous les deux été à l’académie de haut niveau de Golf Vlaanderen. Gaëtan était parmi les meilleurs des amateurs, mais a quitté l’académie après le décès de son frère en 2009. »
Gaëtan : « Je devais avoir trois ans quand j’ai eu un club de golf en main pour la première fois. J’ai fait de la compétition à partir de six ans. Je garde un bon souvenir de l’académie, mais j’aimais de moins en moins être loin de chez moi après le décès de mon frère. Ma famille me manquait, mes amis aussi… Tout comme la possibilité de participer de temps en temps à une fête. Mais je suis toujours revenu vers le golf. Même si les pauses étaient parfois très longues. »

Que veux-tu dire par là ?

Gaëtan : « À cause d’une blessure, j’ai eu des difficultés à marcher pendant un an. Mais le golf continuait de me hanter. Ne pas fouler les terrains pendant de nombreux mois ressemblait à une forme de désintoxication. Mon retour a été plus difficile que prévu. J’ai finalement décidé de refaire du golf uniquement pour le plaisir. Depuis deux trois ans, je le fais pour la passion du sport. »

Golf

C’était comment de grandir dans une famille de golfeurs ?

Gaëtan : « Très agréable. Le golf nous rapprochait. Passer cinq ou six heures sur un terrain, cela crée des liens. »

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous inscrire à l’Audi Quattro Golf Cup?

Pim : « Il y a plusieurs raisons. Premièrement, l’Audi Cup est la seule compétition amateure à laquelle on peut s’inscrire avec un handicap bas. Et grâce à la formule Greensome Stableford, dans laquelle vous jouez en équipe, nous y sommes arrivés. Deuxièmement, j’aimais le fait de pouvoir participer avec mon fils. De toute façon, ma femme et ma fille ne pouvaient pas participer à cause de leur statut de pro. Il ne restait donc que Gaëtan. (rires) Troisièmement, nous sommes tous les deux fans d’Audi. Je roule beaucoup pour mon boulot. Il faut avoir une bonne voiture quand on fait environ 70 000 km par an. Et j’aime le côté minimaliste d’Audi. »

Combien de fois vous êtes-vous retrouvés ensemble sur un terrain de golf?

Pim : « Normalement, cela n’arrive pas aussi souvent. Je suis affilié à Beveren et Gaëtan au Royal Antwerp – même si nous jouons parfois en famille. Mais lorsque de chouettes tournois comme l’Audi Quattro Golf Cup sont organisés, où vous pouvez vous inscrire à deux, nous aimons y participer ! »
Gaetan : « Je ne suis pas souvent à la maison. Dès lors, faire du golf avec mes parents est l’occasion de passer un bon moment en famille… et aussi d’être moi-même sur un terrain. Tout le monde est gagnant. »

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Cela vous fait quoi de jouer entre père et fils ?

Pim : « J’ai 61 ans et Gaëtan en a 23, ce qui est déjà très particulier. Peu de sports vous permettent de participer ensemble à une compétition lorsque votre partenaire à 40 ans de moins que vous. Nous jouons de plus tous les deux à un niveau différent. Mais nous sommes pourtant sur le même terrain C’est ce qui rend le golf unique. Si c’était de la marche à pied, ce ne serait même pas la peine d’essayer. L’un des deux devrait toujours marcher au-dessus ou en-dessous de ses capacités. Ce n’est pas une bonne idée. »

Êtes-vous très critiques l’un envers l’autre ?

Pim : « Cela ne semble peut-être pas évident de faire évoluer un père et son fils ensemble, mais nous nous entendons bien. Sur le terrain, je me contente surtout d’écouter. Et je fais surtout ce que mon fils me dit. Enfin, j’essaie. (rires) »

Et en dehors des terrains ?

Pim : « Là, c’est lui qui doit écouter. (clin d’oeil) »
Gaëtan : « Il est sévère mais juste. Nous nous entendons bien. »
Pim : « On laisse aussi chacun vivre sa vie. Nous n’allons pas toujours boire une bière ensemble. Sauf évidemment si le match s’est bien passé. »

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Qui est le meilleur golfeur entre vous deux ?

Pim : (sans hésitations) « Mon fils est de loin le meilleur. Gaëtan détermine la stratégie, c’est lui qui dirige sur le terrain. »

Il n’y a jamais de rivalité entre vous ?

Pim : « Non. En tant que père, je suis très fier de voir mon fils jouer aussi bien. Il me permet en plus d’élever mon niveau. Je crois qu’il ne réalise même pas à quel point il est talentueux. »
Gaëtan : « D’expérience, je sais que l’on peut commettre rapidement des erreurs et que la plus petite d’entre elles peut vous faire perdre votre rang. Ce tournoi-ci étant plus lent, nous pouvons jouer littéralement au coup par coup : réfléchir d’abord à ce que nous allons faire, regarder où la balle arrive, nous simplifier la tâche au lieu de nous la compliquer. »

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Aviez-vous déjà joué selon la formule Greensome Stableford ? Quel souvenir en gardez-vous ?

Gaëtan : « Il faut naturellement tenir compte de son partenaire. Le golf est normalement un sport individuel, mais dans ce cas-ci, vous pouvez vous mettre tous les deux dans l’embarras si vous jouez mal. La pression est peut-être un peu plus forte. »
Pim : « Si ma balle est mauvaise, mon fils doit résoudre le problème et inversement. C’est le beau côté de cette formule : vous devez veiller à ne pas mettre votre partenaire dans une situation difficile. »
Gaëtan : « En effet. Tu espères que ton partenaire fera au mieux. »

Comment avez-vous fait la différence avec les autres équipes tout au long de cette compétition ?

Gaëtan : « Lors de la finale belge sur le parcours The National, certains trous étaient très difficile. Par chance, il n’y avait que deux ou trois joueurs de mon niveau. »
Pim : « Gaëtan avait également un coup d’avance car il connaissait le terrain. Il y avait déjà remporté le championnat de Belgique en interclubs avec le Royal Antwerp. Il savait exactement où se placer et a pu me donner des instructions excellentes à ce sujet. Avec l’emplacement difficile des drapeaux, ma balle aurait sans doute terminé dans l’eau. »

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Quelles sont vos attentes pour la finale à Kitzbühel ? Êtes-vous nerveux ?

Gaëtan : « Non, j’ai plutôt un bon sentiment. Je suis curieux de voir si l’on va réussir, car l’on deviendrait alors la première équipe belge à gagner la compétition. Je vois cela comme une opportunité. J’essaie toujours de voir les choses sous un angle positif. »
Pim : (catégorique) « Nous allons gagner et ramener la coupe à la maison!»

Avez-vous une tactique bien précise ?

Pim : « Nous organisons les rencontres avec les clubs en fonction du terrain. Et Gaëtan connaît très bien mes erreurs, et surtout ce qu’il doit dire afin que joue bien. Il a souvent dû jouer ces rencontres en double avec l’équipe nationale. »

Y a-t-il un golfeur que vous admirez ?

Gaëtan : « Cela peut paraître étrange mais je regarde rarement le golf à la télévision. J’aime simplement y jouer. Cependant, Nicolas Colsaerts a toute mon admiration. »
Pim : « Avant Colsaerts, personne ne faisait vraiment attention au golf en Belgique. Et ne parlons même pas de soutien. Chapeau à lui de rester toujours positif malgré cela. »

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Vous avez raison : malgré sa popularité mondiale, le golf ne connaît pas le même succès en Belgique. Comment l’expliquez-vous ?

Pim : « D’une part à cause de son côté élitiste. Pour faire du golf, il faut être membre d’un club et payer une cotisation, ce qui renforce son inaccessibilité. Ce sport est plus démocratisé en en Angleterre, aux Pays-Bas et en Suède. Il y a peut-être 60 000 membres en Belgique, pour plus d’un ,million en Suède. Là-bas, chaque village compte au moins un ou deux trous. »

Comment pourriez-vous susciter l’enthousiasme des sportifs belges pour le golf ?

Pim : « Le golf est évidemment un sport technique. Vous avez besoin de temps et d’une certaine adresse. Et avoir la possibilité de vous entraîner. Je constate toutefois que les golfeurs que je connais disent toujours qu’ils ont commencé trop tard. »
Gaëtan : « Cela devient presque un style de vie. Une occupation quotidienne du printemps à l’automne. »
Pim : « Je vais vous dire une chose. Votre seul adversaire, c’est vous-même. Il suffit d’un coup parfait pour évacuer la frustration de ceux que l’on a ratés. On reçoit alors un vrai rush d’adrénaline. Et l’on en devient accro.C’est aussi un sport de gentlemen : tout le monde respecte les règles et personne ne joue de manière sournoise. Un autre aspect unique du golf, c’est qu’il faut savoir être intransigeant avec soi-même. »
Gaëtan : « Si vous n’avouez pas vos erreurs, cela jouera sur votre mental. »

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Quel est votre plus beau souvenir de l’histoire du golf ?

Pim : « Sans hésiter : lorsque mon fils et puis ma fille sont devenus champions de Belgique. »

» Et de cette compétition ?

Gaëtan : « Pour moi, c’est le chemin parcouru pour y arriver. Avoir pu faire cela avec mon père - et gagner manche après manche - est très important pour moi. Le voyage vers la finale sera à coup sûr l'un des plus beaux moments de l'année 2019. La chance que cela se reproduise est vraiment très infime. »

Pour terminer : selon vous, pourquoi faut-il s’inscrire à l’Audi Quattro Golf Cup?

Pim : « C’est un tournoi magnifique, très bien organisé du début à la fin. »