Stéphane Peterhansel : « L’Audi RS Q e-tron offre beaucoup de plaisir de conduite »

Audi Magazine

Le compte à rebours égrène les jours et les semaines à une vitesse folle. Le dimanche 2 janvier, le Dakar Rally 2022 s’élancera depuis Haïl, en Arabie Saoudite. Au sein de l’équipe Audi Sport, on s’active de toute part pour relever ce qui est sans aucun doute l’un des plus grands défis technologiques du sport automobile moderne.

Stéphane Peterhansel : « L’Audi RS Q e-tron offre beaucoup de plaisir de conduite »
Audi alignera en effet au départ trois Audi RS Q e-tron

Audi alignera en effet au départ trois Audi RS Q e-tron, des voitures au look futuriste dotées d’une motorisation électrique couplée à un générateur d’électricité. À leur volant, on retrouvera trois très grands noms : Carlos Sainz (double Champion du Monde des Rallyes et triple vainqueur du Dakar), Mattias Ekström (Champion du Monde de Rallycross, double champion du DTM et vainqueur des 24 Heures de Spa) et… « Monsieur Dakar ».

Avec 14 succès au total sur le Rallye-Raid le plus difficile de planète (6 en moto et 8 en voiture), Stéphane Peterhansel est une légende vivante de l’épreuve. En janvier prochain, le Français prendra le départ de son 34e Dakar, mais il défendra pour la première fois les quatre anneaux. « Je suis un fan de sport automobile dans son ensemble et je dois dire que, à l’époque des Audi quattro Groupe B (dans la première moitié des années ’80, NDLR), j’admirais déjà Audi », confie le vainqueur de l’édition 2021. « Je suis donc fier d’avoir été choisi comme pilote. Durant toutes ces années, quelle que soit la discipline, Audi a toujours été en position de se battre pour la victoire. »

Au moment de développer une nouvelle voiture de course

Au moment de développer une nouvelle voiture de course, l’expérience est cruciale. Celle des ingénieurs dans les bureaux d’étude, bien sûr, mais aussi celle des pilotes. Inévitablement, « Peter », comme on l’appelle, a pu apporter toute son expertise du désert. « Audi maîtrise les motorisations électriques grâce à ses programmes précédents, que ce soit avec l’hybride au Mans ou avec le 100% électrique et les batteries en Formula E », rappelle le Français. « Nous, en tant que pilotes, nous connaissons les exigences du Dakar pour le châssis, les suspensions et ce genre de choses. En plus de tous les détails sur lesquels nous avons pu apporter notre touche durant le développement de la voiture, notre conseil – de manière globale – a été de dire que la fiabilité compte plus que le dernier dixième de seconde. »

Actuellement en phase de test

Actuellement en phase de test, l’Audi RS Q e-tron proposera donc une technologie tout à fait différente de celle que l’on connait actuellement avec les moteurs thermiques à combustion interne. Pour les pilotes, il faudra forcément un temps d’adaptation... « La première chose que je retiens de nos tests est que cette motorisation offre un plaisir de conduite que j’imaginais à peine possible », se réjouit Stéphane Peterhansel. « Quand je vois ça, je pense que les moteurs électriques deviendront de plus en plus populaires dans la vie courante. Avec la RS Q e-tron, nous disposons à tout moment et instantanément d’une énorme puissance et d’un couple remarquable. Aucune voiture avec un moteur classique à combustion interne ne peut proposer de telles performances. Étant donné qu’il n’y a pas de transmission, je ne dois pas me préoccuper du changement de vitesse et je peux me concentrer totalement sur le pilotage. Par contre, le son est encore inhabituel pour moi… Au contraire d’un moteur à combustion interne, le générateur d’électricité – avec sa vitesse de rotation et le bruit qu’il émet – ne suit pas les impulsions que je donne sur la pédale d’accélérateur. Au début, c’est étrange. »

Audi Sport a mis toutes les chances de son côté en faisant appel à des pilotes expérimentés

Audi Sport a mis toutes les chances de son côté en faisant appel à des pilotes expérimentés, mais aussi en confiant l’exploitation des voitures à l’équipe Q Motorsport dirigée par Sven Quandt, une structure multiple lauréate du Dakar. L’édition 2022, la troisième en Arabie Saoudite, s’annonce toutefois assez différente de celle que les concurrents ont vécue en janvier dernier. « En 2021, nous avons beaucoup roulé sur des sols rocailleux », explique le Français de 56 ans, qui sera de nouveau copiloté par Édouard Boulanger. « Cette fois, ce sont principalement les dunes du « Empty Quarter » (soit le « Quart Vide », NDLR) qui nous attendent. Je me réjouis de me retrouver dans le désert. Cela me rappelle le Dakar lorsqu’il se déroulait en Afrique. Pour nous, en tant qu’équipage, il n’y a pas que la vitesse pure qui compte. À mes yeux, les paysages qui constituent des défis uniques à eux seuls sont au moins aussi importants. Dans ma vie, j’ai piloté dans les déserts d’Afrique, d’Amérique du Sud, d’Asie et de la péninsule arabique. Je pense que nous allons avoir un beau Rallye-Raid dans le désert. Malgré les années qui passent, je suis toujours impatient. La passion est toujours là. J’ai toujours envie de redécouvrir notre sport, les parcours et les paysages. Ma motivation est intacte ! »

Les défis technologiques font partie de l’ADN des quatre anneaux en compétition

Les défis technologiques font partie de l’ADN des quatre anneaux en compétition. Après avoir imposé le système quattro en rallye, puis sur les circuits, Audi a été le premier constructeur lauréat des 24 Heures du Mans avec un prototype hybride (en 2012). Mais le défi qui attend Audi Sport en janvier est l’un des plus relevés de l’histoire du sport automobile tant le pari est audacieux. « Nous ne disputerons pas d’autre épreuve avant », conclut Stéphane. « Nous sommes concentrés sur notre programme d’essais. Avant tout, il faudra venir à bout du parcours, avec plus de sable qu’avant. J’entends par là terminer l’épreuve, après plusieurs milliers de kilomètres dans le désert, sans contretemps majeur. Si nous parvenons à réaliser cela, alors je serais déjà content si on se classe dans le top 5. »

Ce Dakar Rally 2022 s’annonce décidément passionnant ! Pour en connaître le dénouement, il faudra attendre l’arrivée à Djeddah, le vendredi 14 janvier.

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