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Boon, pionnier du monde moderne

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Boon, pionnier du hockey moderne

Ce jeune Bruxellois de 24 ans a osé faire le pari du professionnalisme à 100% dans une discipline en plein essor depuis 10 ans.

Au début du XXIe siècle, une poignée d'experts se sont penchés sur l'évolution du hockey en Belgique. Le constat fut implacable. Seule une grande réforme, appelée 'projet ABCD' puis rebaptisée 'Be Gold' pourrait rendre au hockey belge ses lettres de noblesse. Les dirigeants de la Fédération belge (ARBH) digéraient de plus en plus mal l'absence de l'équipe nationale lors des Jeux olympiques et des Coupes du monde. Avec le soutien du Comité Olympique et Interfédéral Belge (COIB), l'ARBH mit en place une structure efficace autour d'une génération dorée emmenée par John-John Dohmen. En 2004, ces jeunes de moins de 16 ans s'emparèrent du titre de champion d'Europe junior. Ce succès servit de déclic au formidable essor de cette discipline olympique. Pendant 10 ans, les enfants se sont nourris de ces exploits nationaux en rêvant un jour de devenir, à leur tour, un “Red Lion”.

Cette route vers la gloire s'apparente à un long fleuve sinueux. L'amateurisme a progressivement cédé du terrain à un semi-professionnalisme. Actuellement, certains joueurs jouissent d'un statut professionnel, mais, afin d'assurer leurs arrières, ils mènent tous une double vie. Sportifs de haut niveau qui s'entraînent près de 20 heures par semaine, les hockeyeurs poursuivent des études supérieures ou universitaires. Rares sont les athlètes qui osent franchir le cap du professionnalisme à 100%. Convaincu par son talent et conseillé par son oncle Marc Coudron (président de l'ARBH), le prodige Tom Boon a relevé ce pari risqué de ne vivre que du hockey. « Je n'ai jamais regretté cette décision », souligne l'attaquant. « Le hockey représente toute ma vie. Je ne voulais pas me disperser et brûler trop d'énergie entre les cours et le sport. Grâce à ce choix, je suis “focus à 100%” sur ma mission sportive. »

Ce sportif moderne ne restera pas au service d'un même club toute sa carrière car, pétri de talent, il aspire à briller dans les plus grandes équipes afin d'étancher sa soif de pouvoir. Tom Boon, 24 ans, est passé par le White Star, Uccle Sport, le Racing avant de filer aux Pays-Bas au sein du très réputé matricule de Bloemendaal. « J'ai toujours su que je jouerais un jour en 'Hoofdklasse'. »

Garçon réfléchi, l'Ucclois, comme un joueur d'échecs, cherche toujours à avoir un coup d'avance dans son jeu. Elle est révolue la période où une carrière se dessinait au coin d'un bar en fin de soirée. Le tireur de pc s'est fixé des objectifs bien précis. Très vite, il a réalisé que son seul talent ne le mènerait pas vers le sommet mondial. Grâce à l'ancien entraîneur fédéral Marc Lammers, le Bruxellois a corrigé certaines dérives en observant une hygiène de vie irréprochable.

Attaquant et tireur de pc, il possède toute la panoplie des coups qui font rêver. Sur le terrain, la balle colle à son stick comme un aimant au frigo. Il lit si bien le jeu que son positionnement s'avère exemplaire. Si, à l'époque, il tentait souvent de faire la différence tout seul, il a appris à jouer en équipe, ce qui amène des combinaisons extraordinaires à l'entrée du cercle.

Son mouvement biomécanique ne trahit pas la moindre faille. Un sleeper fragilise facilement son genou ou son épaule en raison de sa posture lors d'un penalty corner. Tom Boon est épargné par de tels tracas car son imposante musculature frôle la perfection. Il présente cette capacité de tirer avec une grande aisance dans toutes les zones du cercle même lorsqu'il est dos au but. « C'est ma spécialité. Quand j'entre dans le cercle, j'arme une frappe. »

Toutes ces qualités ne sont pas passées inaperçues aux quatre coins du monde. En Inde, sept CEO ont investi des fortunes pour construire un championnat très rémunérateur qui n'ouvre ses portes qu'aux plus doués. En janvier dernier, non seulement Tom Boon fut le premier Belge invité à cette Ligue. Avant même le début de la saison indienne, il avait aussi déjà battu un record en devenant l'homme le plus cher de la Hockey India League. En effet, le président de son club Dabang Mumbai a couché sur papier un montant à six chiffres 103.000 dollars pour s'attacher ses services. Selon le principe d'une enchère fermée, la mise de départ de Tom Boon avait été fixée à 20.000 dollars. « C'est hallucinant! J'en espérais 60.000 dollars. Je suis fier de mon parcours. J'ai pris un risque en partant en Inde durant un mois car j'ai manqué le stage des Red Lions en Afrique du Sud », confiait, un peu gêné, “Sna” (le sobriquet de Tom Boon) qui sortait son sac de sport du coffre de son Audi A1 aux couleurs du hockey. « Entre ma famille à Bruxelles, les entraînements à Boom et ma vie à Bloemendaal, je passe beaucoup de temps dans ma voiture. Elle est à l'image de mon jeu: puissante et agréable à regarder. »